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MamAfrika TV | Par Allain Jules

HARARE, Zimbabwé (07h13) – M. Robert Mugabe, 93 ans,  aurait changé de discours pour éviter de démissionner dimanche lors de son allocution télévisée. Une parade qui en dit long sur l’homme, habile et futé, malgré son âge. Donc, une personne loin d’être sénile ou gaga.

Certains voient sa chute expliquée à l’occidentale comme la fin d’un « dictateur ». Ils n’ont rien compris au film et son enclin à répéter le discours officiel des médias occidentaux. Mais, au Zimbabwé, qu’on se le dise, la doxa occidentale n’a pas d’emprise, d’où la vraie indifférence de la population face à la crise actuelle.

Certains esprits chagrins, peu outillés sur la Constitution zimbabwéenne se donnaient déjà à coeur joie. Ce vétéran ne jouit plus certes d’une aura puissante comme par le passé, mais, est toujours très respecté, et notamment par l’armée nationale… L’imagerie populaire occidentale a déteint sur la masse africaine toujours encline à jouer les psitaccidés sans réfléchir.

L’après Mugabé c’est finalement Mugabé, avec l’adoubement de facto d’Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président du pays. Certains voulaient qu’ils soient arrêté, jetté en prison, maltraité et sa famille avec. Or, le problème, me semble-t-il, est le docteur Grace Mugabé, 52 ans. Mais, peut-on priver le vieux de son épouse en l’envoyant en prison ? D’ailleurs, qui peut nous dire de manière factuelle quels crimes le couple a commis ?

Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que c’est ce Emmerson Mnangagwa, 75 ans, qui a été nommé chef par intérim du Zanu-PF (parti au pouvoir) dimanche, et qui devrait succéder à Mugabé en tant que président, qui était l’homme à tout faire. Emmerson Mnangagwa, connu sous le nom de « Crocodile », a orchestré des répressions répétées de l’opposition du Zimbabwe sous la gouvernance Mugabe. C’est lui en fait qui avait le pouvoir, sur l’armée notamment, d’où sa disgrace orchestrée par Grace Mugabé qu’on soupçonne à tort d’avoir voulu prendre le pouvoir. C’est une arnaque et un faux procès ourdi par qui vous savez…

Robert Mugabé risque d’être démis de ses fonctions par le Parlement s’il ne démissionne pas de son poste de président dans les jours qui viennent. Mais, pour que Mugabé soit destitué, le soutien des partis de l’opposition est nécessaire afin que ladite motion de destitution soit adoptée. Que va-t-il donc se passer ? Personne ne le sait, alors que la crise entre dans sa deuxième semaine…

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